Au début il y avait...

dimanche 24 mai 2020
par  Eric Adrien Bailly
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Au début il y avait....

Je pense que tout le monde connait Aléaume de Fontaines, fondateur de notre village de Longpré les Corps Saints, certes avant il y avait Longpré (tout court...) ou Longum pratum.. oui, mais ça c’était au temps de Jules, rendez à jules ce qui appartient à César.

Nous allons aborder dans cette article la période précédente, soit du Néolithique moyen, -4 500 à -5 300 Av JC, jusqu’à l’an 530 environs.

Oups vous allez dire, va falloir des pages et des pages, non ce sera rapide...

A savoir, aujourd’hui on ne dit plus avant ou après Jésus Christ mais avant temps présent.


Victor Cormont, dans son livre publié en 1914, signale deux gisements : l’un sur la rive gauche de l’Airaines, néolithique campignien, l’autre sur la rive droite à l’embouchure de l’eauette et de la Somme, moustérien ancien.

Couverture de "Hommes contemporains du Renne, V. Cormont

Nous pouvons trouver dans cette très bonne étude sur l’archéologique du Moustérien :

A Longpré les Corps Saints, nous n’avons trouvé des traces de l’occupation moustérienne qu’à l’embouchure de l’Airaines. (à l’endroit ou la rivière se jette dans la Somme, à savoir du moulin dans la rue des marais jusqu’à la Somme, la rivière s’appelle L’eauette) Dans les ballastières de MM. Garçon et Dubourguet qui exploitent les alluvions de la basse terrasse, quelques instruments de type moustérien anciens (éclats Levallois roulés) ont été trouvé associés à des fragments de molaire de mammouth.

Le Moustérien est une industrie lithique de la Préhistoire appartenant au Paléolithique moyen. On le trouve en Europe, en Asie, et en Afrique du Nord, sur des périodes qui varient selon les régions, avec une extension globale d’environ 350 000 à 35 000 ans avant le présent. Il est en Europe caractéristique de l’Homme de Néandertal, mais des outillages moustériens ont également été produits au même moment par des Homo sapiens en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.Source : Wikipédia

Instruments du moustérien
Représentation d’un homme du Néandertalien

Les gravières

Pour bien comprendre ce qui suit, il est important de savoir situer les époques dans le temps :

  • -3 950 à -4 500 : Néolithique final
  • -4 500 à -5 300 : Néolithique moyen
  • -5 300 à -6 500 : Néolithique ancien
  • -6 500 à -12 000 : Mésolithique
  • -12 000 à -30 000 : Paléolithique supérieur

Les gravières de Longpré les Corps Saints sont des carrières de granulats, ces extractions sont alluvionnaires ; les graviers et les sables siliceux sont situés en bordures de la Somme.

Plan provisoire vers 1910

Dans le plan ci-dessus sont indiquées outre les noms des carrières, les noms des archéologues les ayant visitées.
dans l’ensemble des carrières ont été découverts des gisements mésolithiques et leptolithiques. dans la carrière Merque, ont a trouvé des céramiques néolithiques de la civilisation danubienne.

La carrière Merque

Le gisement préhistorique de la gravière Merque a été signalé par V. Cormont. En 1956, JL Baudet y entreprit des fouilles partiellement publiées. Une reprise temporaire de l’exploitation de la gravière en 162, puis en 1967 permit au docteur C. Machoire de recueillir un matériel archéologique abondant et diversifié.
A la demande re Roger Agache, JP Fagnard et J Vaillant ont repris l’étude de ce site de 1977 à 1979. en voici un rapide résumé, l’étude complète ayant été publié dans le n°3 de la Revue Archéologique de Picardie en 1982. vous pouvez la télécharger au format PDF en-dessous.

La fouille a été implanté dans la partie nord de la gravière, où les dernières extractions avaient mis au jour de nombreux vestiges archéologiques (Agache 1968). Une surface totale de 150 m² fut fouillée. La couche archéologique principale se situe à un niveau ou diverses industries attribuables au Paléolithique supérieur final, au Mésolithique et au Néolithique se trouvent mêlées.
Les industries se distinguent par leurs caractéristiques typologiques et surtout par leur aspect physique (emploi de silex de qualité différente, présence ou absence de patine). Ces critères permettent de distinguer l’important ensemble néolithique moyen non patiné du matériel paléolithique et mésolithique. Par contre, il est beaucoup plus délicat de distinguer le paléolithique supérieur au mésolithique.

Quelques pièces découvertes par le Docteur Machoire


Une série de tessons bien cuit, tantôt noirs, tantôt rougeâtres. les anses funiculaires et les décors sont caractéristique du Danubien, du type groupe de Cerny.

Un beau poignard en silex miel.

Ouvrier de la carriére Merque
Au centre Emile Olen dit Tchot Mil
Photo Marcel Olen

Hache emmanchée à gaine silex bois de cerf
vers 2500 av JC. Découverte dans les tourbières de Longpré les Corps Saints
Musée d’archéologie National-St Germain en Laye

Les Gaulois

À partir d’environ 2 000 av. J.-C., un nouveau remplacement de population a lieu avec l’arrivée des locuteurs de langues indo-européennes en provenance d’Europe centrale.

Les Gaulois (en latin : Galli, en grec ancien : Γαλάται (Galátai)) étaient l’ensemble des peuples protohistoriques habitant la Gaule, telle qu’elle fut définie par Jules César. À part les Aquitains, qui étaient proto-basques, ils se rattachaient à la civilisation celtique antique.

Vers le VIe siècle av. J.-C., les Celtes investissent le territoire en apportant avec eux les cultures de Hallstatt puis de la Tène : c’est la naissance de la Gaule. Elle tombe sous domination romaine au cours d’une période allant du IIe au Ier siècle av. J.-C. Profitant du déclin de l’Empire romain à partir du IVe siècle, des peuples germaniques, notamment francs, alamans, burgondes et wisigoths, commencent à s’installer en Gaule sous juridiction romaine, avant d’imposer finalement leur domination sur le territoire au Ve siècle.

Maquette village Gaulois. Par Claude Valette — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Les Gaulois, à proprement parler, se composaient de nombreuses tribus parlant un ensemble de dialectes celtes, et ils pensaient descendre d’une même souche dont ils connaissaient la généalogie. À ces liens de filiation, réels ou mythiques, qui leur créaient des obligations de solidarité, s’ajoutaient des alliances, qui mettaient certains d’entre eux dans la clientèle d’un autre pour former des fédérations comme celles des Arvernes et des Éduens. Tous ces peuples étaient divisés en civitates, identifiés par un chef-lieu et un territoire, appelé en latin pertica, qui étaient subdivisés en pagus, qui correspondaient à peu près aux cantons français. (Source Wikipédia.)

Les photographies aérienne de Mr Agache ont révélé des traces de fermes indigènes construite en bois et en terre selon la tradition Gauloise à l’époque au lieu-dit "Le chemin des morts" entre Longpré et Fontaine sur Somme.

Illustration de ferme Gauloise typique

Les Francs

la présence des Francs et Mérovingien à Longpré,
De Clodion le Chevelu à Clovis 1er


Article Wikipédia :

Clovis 1er, Roi des Francs

Clovis Ier, souvent appelé Clovis le roi des Francs est le premier roi du royaume Franc, qui deviendra plus tard le royaume de France. Clovis a unifié presque toute la Gaule, il s’est converti au christianisme. Son baptême a lieu en 496 (date incertaine) dans la ville de Reims grâce à Clotilde sa femme et bien sûr à l’évêque Rémi de Reims, environ vingt ans après la chute de l’Empire romain en 476. Il est le premier roi de la dynastie (lignée, famille) des Mérovingiens. Clovis a régné jusqu’à sa mort en 511. Après sa mort, son royaume est séparé en 4 parties, une pour chacun de ses fils.Clovis est le fondateur des mérovingiens.Clovis est le premier roi de France et aussi le premiers ayant conquis la gaule.C’est lui qui a fait de Paris la capitale de la Gaule (ancienne France)


Le baptême de Clovis à Reims. Plaque en ivoire du début du IXe siècle.

Gisant de Clovis 1er Basilique St Denis 17éme

Les Mérovingiens

La dynastie mérovingienne est issue de l’aristocratie franque. Les Francs, réunis en ligue depuis le IIIe siècle de notre ère, se sont progressivement installés dans le Nord-Est de l’Empire romain, et plus particulièrement en Gaule belgique où les ancêtres des Mérovingiens ont pris racine. Dès les premières années de l’Empire, des groupes migrants plus ou moins homogènes n’ont cessé de se déplacer d’est en ouest, poussés par l’Empire hunnique d’Attila (395-453), et attirés en Gaule par la stabilité de la Pax Romana. Les premiers Francs pénètrent dans l’Empire légalement, certains sont intégrés dans l’armée romaine et peuvent espérer y faire une grande carrière, comme Richomer et Arbogast, d’autres s’installent dans l’Empire comme colons.
Par la suite, les migrations franques dans le Nord de la Gaule s’intensifient avec le déclin de l’autorité romaine et la chute de l’Empire d’Occident. Enrichies par leur service auprès de Rome, certaines grandes familles franques acquièrent un pouvoir local non négligeable. L’une d’entre elles, celle de Childéric Ier et de son fils Clovis, va s’imposer et fonder la première dynastie royale franque.

 

 

Plan de situation

En 1924, M. Saintes découvrent des sarcophages signalant la présence d’une nécropole mérovingienne à l’est du centre du village. Des fragments de poteries permettent d’après le groupe chronologique de HUBENER, de classer ces inhumations entre 330 425 de notre ère.
Nous n’avons pas plus d’informations sur le lieu exact et le contenu des cette découverte, mais il est fort probable que la nécropole de 1924 soit la même que celle de 1975.


En mars 1975, des travaux sont entrepris au lieu-dit "Sous les vignes", sur un terrain appartenant à l’Office des H.L.M de la Somme (parcelle n°221-82-83-84 section AD du plan cadastral de Longpré les Corps Saints.
Ce terrain se situe entre la cité Leclerc et la cité Saints.

A cet endroit va être construit un ensemble d’habitations destiné à reloger des personnes des cités dites "Les Longcorps" rue Chasse Gallet et du Marquelet.

Le mardi 18 mars 1975 une tranchée est creusée par un engin de l’entreprise Jourdain à Flixecourt afin d’installer le réseau d’assainissement, ceci sous la responsabilité de M. Largemain, conducteur de travaux. Le grutier dégage un sarcophage renfermant 4 squelettes, 2 adultes et 2 enfants d’une dizaine d’années.
Croyant être en présence d’une ancienne canalisation il verse l’ensemble sur le côté de la tranchée où tout s’éparpille.

Le jeudi 20 mars 1975 à quelques mètres du sarcophage, ont été découvertes 2 sépultures mérovingienne en pleine terre et partiellement détruites.
Le 24 mai 1975, découverte d’une troisième sépulture en pleine terre.

Du 18 mars 1975 jusqu’au 18 juillet 1975, plus d’une centaine de tessons de poteries, cols, fonds et pansesz ont été recueillis sur une superficie de 60 m².

Le lundi 24 mars 1975, M. Massy de la circonscription des Antiquités Historiques de Picardie vient visiter le site et autorise M. Jacques Pacaud, professeur au Collège et historien amateur à effectuer des fouilles de sauvetage de la nécropole mérovingienne de Longpré les Corps Saints.

Nous n’avons aucune informations concernant les fouilles archéologiques à Longpré, faite par M. Pacaud.

Sépulture en pleine terre

Mesurant 2 mètre de longueur et 70 cm de largeur, cette fosse était limitée à l’ouest par une bordure de pierres : des morceaux de silex ou de calcaires assuraient une protection tête-cage thoracique. ces pierres mesuraient environ 20 cm.
La tombe ne contenait ni objet, ni monnaie, seul 2 tessons de poterie ont ètè trouvée sous l’épaule droite du squelette.

(d’après le compte-rendu de M. Jacques Pacaud)

Sarcophage mérovingien exposé au Collège des Cygnes.

Le sarcophage renfermait 4 squelettes : 2 adultes et 2 enfants.
Il était en 2 parties, la partie de droite mesure 54 cm sur 75 cm et la partie de gauche 125 cm sur 75 cm.
Les personnes décédées étaient glissées et tassées dans le sarcophage par une petite
séparation au milieu.
Le 9 septembre 1975, le sarcophage est installé en dépôt sur la pelouse du collège de Longpré les Corps saints, rue du marais.

Sépulture mérovingienne
Matériel mérovingien de Longpré

Le village mérovingien

Chez les gens du peuple, la vie est beaucoup plus rude. Généralement cultivateurs au service des grands propriétaires terriens, leur sort n’est pas tellement éloigné de celui des esclaves

La masure d’un paysan est bâtie en bois grossièrement équarri ; elle est couverte d’un toit de chaume.
Le mobilier est élémentaire : une huche où l’on pétrit le pain, une longue table, 2 bancs, un lourd mortier de pierre pour broyer le grain. Le lit est une vaste caisse en bois où toute la famille dort ensemble.
Le fermier mange sa viande avec les doigts et boit dans une corne.
Le paysan est vêtu d’une blouse à manches courtes, serrée à la taille par une ceinture de cuir. Par temps de pluie, il enfile un ample manteau à capuchon, il ignore les souliers et même les sabots : il va nu-pieds. Seuls les grands propriétaires ont de hautes bottes
En hiver, les gens sans le sou se couvrent de peaux de chèvre, de lapin ou de mouton.

Source : Ancien manuel scolaire

Représentation d’un village Mérovingien.

Et après

Les Carolingiens Charlemagne, le Moyen age et les temps modernes

L’origine de la lignée carolingienne est communément fixée au mariage, vers 630, d’Ansegisel, fils d’Arnoul de Metz, et de Begge d’Andenne, fille de Pépin de Landen, qui scelle l’alliance entre la famille des Arnulfiens et celle des Pippinides. Ceux-ci ont un fils, Pépin de Herstal, lui-même père de Charles Martel, ce dernier étant le père de Pépin le Bref, lequel deviendra le premier roi de la dynastie carolingienne le 28 juillet 754. Plusieurs historiens6,7 ont formulé l’hypothèse du rattachement d’Arnoul de Metz aux rois francs de Cologne, via Bodogisel, Mummolin et Mundéric.

 

Les Pippinides détiennent pendant plusieurs générations la charge de maire du palais sous le règne des souverains mérovingiens d’Austrasie. Au fur et à mesure de la désagrégation du pouvoir de la dynastie mérovingienne, durant la période dite des « rois fainéants », les maires du palais Pippinides accroissent leurs prérogatives : déjà Pépin de Herstal, puis Charles Martel dirigeaient de façon quasi autonome la politique du royaume, tels des souverains, mais sans le titre ; ainsi, ils nommaient les ducs et les comtes, négociaient les accords avec les pays voisins, dirigeaient l’armée, étendaient le territoire du royaume (notamment en Frise) et allaient même jusqu’à choisir le roi mérovingien.

Suivie par le Moyen age et Aléaume de Fontaines, la suite sur l’article : Les seigneurs de Longpré



Documents joints

Notice Carrière Merque
Cimetière Mérovingien de Moreuil (80)
Les industries postglaciaires de la basse (...)
PDF - 925 ko

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