"Les ponts" où Rommel est passé...

dimanche 24 mai 2020
par  Eric Adrien Bailly
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La découverte

La découverte du ponts non détruit...

Le 14 mai 1940 le groupe du XIXème Corps de blindés de Gudérian franchit la Meuse à Sedan. Dans les jours qui suivent, rien ou presque n’arrête ces troupes qui avancent vers la mer. Les premiers éléments motocyclistes allemands arrivent en reconnaissance à l’Etoile dans l’après midi ensoleillé du lundi 20 mai 1940.

Peu a peu les blindés établissent des têtes de pont sur la rive nord de la Somme, à Amiens, Ailly sur Somme, Picquigny, l’Etoile et à Abbeville où ils font leur entrée dans la ville. Le matin du même jour, le Génie Français, afin d’enrayer cette avancée, avait dynamité quelques ponts sur la Somme, en particulier celui de L’Etoile (et celui de Pont-Rémy, le même jour ou auparavant), pour ce qui est de notre secteur. Le pont S.N.C.F. enjambant la Somme à proximité de la Breilloire avait également été dynamité (de même que le 30 août 1914, lors de la précédente guerre. Mais parallèlement, se trouvait le pont Saint Frères... Il fut « oublié » par le Génie...
Il suffit qu’un pont soit détruit sur une ligne pour que les trains réguliers ne puissent plus passer, mais il suffit qu’un pont ne soit pas détruit sur une rivière pour que les armées puissent s’y engouffrer ! Les ponts suivants, permettant à chacune de ces deux lignes de passer au-dessus de la route départementale D 218 (reliant Hangest à Condé-Folie), n’avaient pas été détruits : la ligne SNCF était donc coupée, mais celle de St-Frères libre...

Le 5 juin, arrivant à Hangest à la tête de la 25ème Division de Panzer, Rommel profite de cette erreur stratégique. Il fait démonter les rails et les traverses de la ligne privée St-Frères depuis le pont sur la Somme jusqu’à celui de la route départementale. Les chars franchissent alors la Somme, suivis par l’infanterie en vagues serrées, et pénètrent profondément dans les lignes françaises. Les 9 et 10 juin ils atteignaient la Seine et l’on sait tout ce qui en découla… ---- Les ouvrages, et les auteurs, traitant du passage de la Somme par les troupes de Rommel au voisinage de L’Etoile s’opposent sur deux acceptions : elles sont passées par "plusieurs ponts" disent les uns, elles n’ont franchi que "le pont Saint-Frères" répondent les autres, tous avec des arguments...

Plan pont St Frère à La Breilloire

Voyons d’abord ce qu’indiquent les carnets personnels de Rommel, traduits en français :
« C’était un point de passage médiocre car pour faire passer des engins chenillés sur ces ponts de voies. ferrées, il fallait déboulonner les rails... »

Additif (30/09/12). Selon une source du web, la raison du déboulonnage des traverses est que l’un des premiers tanks qui a eu la malencontreuse idée de rouler sur les rails a vu la chaîne d’entrainement de sa chenillette se briser, bloquant ainsi l’accès aux autres tanks...


Observons ensuite une carte mentionnant la Somme, les voies ferrées et les routes. La route départementale D 218 (en rouge) est longée par la ligne principale SNCF reliant Amiens à Boulogne (en noire). Une ligne SNCF secondaire relie Doullens à Longpré (tirets orangés) et passe par un pont au-dessus de la ligne SNCF principale (et de la route). La ligne privée Saint-Frères (tirets rosés) part de l’usine Flixecourt (à droite) puis passe sous la ligne SNCF secondaire pour rejoindre l’usine de Moulins-Bleus. Elle comporte aussi une importante dérivation, à proximité de la Breilloire, qui relie cette voie à la ligne SNCF principale, en franchissant deux ponts, le premier sur la Somme et le second sur la départementale. La ligne SNCF secondaire franchit également deux ponts, et même trois avec celui sur la ligne St-Frères. Le pont sur la Somme de la ligne St-Frères est plus bas que celui de la ligne SNCF secondaire, lequel doit aussi passer au-dessus de la ligne Saint-Frères, on les reconnaîtra donc aisément sur les photos où ils figurent tous les deux.



La seule voie n’ayant aucun pont de détruit à proximité de L’Etoile était celle de la ligne privée Saint-Frères, c’est celle qu’empruntèrent les chars Panzers de Rommel sur la photo du centre.

Les autres ponts sur la Somme, ceux du village de L’Etoile et de la ligne SNCF secondaire, avaient, on le sait, été détruits quelques jours auparavant. Si Rommel a fait passer engins chenillés sur des ponts, ce ne sont pas des ponts sur la Somme mais des ponts de la ligne Saint-Frères.

Les deux autres vues sont des photos aériennes. La première montre les véhicules de l’armée allemande empruntant la voie ferrée Saint-Frères dont les rails ont été déboulonnés.
Au premier plan ils franchissent le pont de la route départementale D 218. Au fond, on devine la Somme bordée d’arbres et l’on voit la poussière que font les Panzer montant sur la voie. Sur la seconde photo on reconnaît bien les deux ponts sur la Somme, celui de gauche, détruit, qui est celui de la ligne SNCF secondaire, et celui de droite, beaucoup moins haut, qui est bien celui de Saint-Frères et sur la voie duquel, à la loupe, on voit bien les engins se dirigeant vers le sud.

On dispose même de photos exceptionnelles, prises par les allemands eux-mêmes et proposées à la vente il y a seulement quelques années ! Jacky Hérouart en a acquis un lot. L’une des vues montre le passage du pont Saint-Frères sur la Somme .


Les deux ponts (de la ligne Saint-Frères) seront ensuite surveillés avec attention, notamment par le "Mouchard", ce nom donné par les Stelliens à cet avion allemand qui venait régulièrement en reconnaissance (et qui en a d’ailleurs certainement pris ces photos aériennes le 5 juin 40), afin de préserver une éventuelle retraite des Allemands. Rappelons enfin que le pont Saint Frères sur la Somme a bien été détruit, mais par les allemands et en 1944. Ceux-ci l’avaient bombardé afin de préserver leur fuite... La guerre prenait fin.


Merci a Mr Lancel, D’après une idée, un texte et des photographies de Jacky Hérouart.

++++Le passage

Le Passage du 05 juin 1940 à l’aube.

Parfois l’histoire du village déborde un peu sur celle des villages voisins. C’est le cas pour l’histoire des ponts, en particulier pour ceux de la ligne privée Saint-Frères, ligne qui partait de l’usine des Moulins-Bleus et bifurquait à proximité de la Breilloire pour rejoindre d’une part l’usine de Flixecourt, d’autre part la grande ligne SNCF longeant la Somme, le pont privé Saint-Frères sur la Somme étant parallèle à celui de la ligne secondaire SNCF, ces deux ponts situés au lieu-dit la Breilloire, territoire de Flixecourt.


Rommel traverse la Somme sur les ponts de la ligne Saint-Frères...

JOURNAL DE MARCHES DU 2 ème RÉGIMENT DE DRAGONS PORTES

- Groupement Villers, du 24 au 31 mai 1940.

Au reçu de l’ordre de la Division, le 23, le Colonel de Villers se porte d’un seul bond sur Camps-en-Amiennois, sous la protection de l’Escadron Weygand du 3e R.A.M.
Après cette étape de 80 km. le dispositif pour la nuit est le suivant : P.C. du Colonel de Villers à Camps-en-Amiennois, le gros du groupement à Camps, Lincheux, Aumont (Escadron de Royère), les éléments de couverture à Warlus et Molliens-Vidame (P.C. Weygand).
D’après les premiers renseignements obtenus dans la région, des éléments motocyclistes ennemis sont au Sud de la Somme et sont venus patrouiller dans la journée jusqu’à Molliens-Vidame. Des Britanniques occupent Camps.
Les renseignements donnés par ceux-ci montrent que la situation sur la droite, entre Picquigny (sur la Somme) et Cavillon, est toujours confuse. La position de l’ennemi ne peut être précisée ; il aurait établi une tête de pont importante à Picquigny ?
Le Colonel de Villers décide de s’installer provisoirement sur une ligne : Warlus, Montagne-Fayel, Riencourt. L’artillerie, dans les bois Nord-Ouest de Molliens-Vidame.
Dans la journée, le 9e Lanciers Britannique et le Boarder Régiment attaquent en direction de Picquigny et se retirent en arrière de nos lignes, dans la soirée, après avoir subi des pertes en hommes et en chars.

  • Le 25 Mai, le Colonel de Villers est prévenu que le 2e R.D.P. se porte à sa droite. Etant ainsi couvert sur sa droite, le Colonel décide de se porter sur la Somme et donne l’ordre d’atteindre les passages de la Somme à Longpré-les-Corps-Saints et Condé-Folie.
    A 9 heures, le groupe Weygand, parti de la route Airaines-Soues, ayant comme objectif le pont de l’Étoile, atteint les bois à l’Est de Bettencourt-Rivière. Les Dragons progressent entraînés par le Capitaine Weygand.
    A 11 heures, l’Escadron de Beaumont occupe Longpré-les-Corps-Saints et prend contact avec des éléments du 3e R.D.P., de la Division Berniquet.
    Le Capitaine Van Aertselaer organise d’une façon remarquable le village de Condé-Folie pour empêcher toute infiltration et arrêter même toute avance de chars. L’ennemi, très actif de son côté, pousse en avant de très nombreuses patrouilles, arrêtées aussitôt par nos tirs.
    Pendant cinq jours, l’Escadron Van Aertselaer empêchera toute infiltration.
    A sa droite, le Lt Rouzée du 3e R.A.M., avec un peloton de l’Escadron Van Aertselaer et un G.M., occupe le plateau dominant les deux ponts du chemin de fer. L’ensemble est sous les ordres du Commandant Henriet, dont le P.C. est dans le Bois-Carré (Est de Bettencourt-Rivière).
    Le groupe de 75, bien renseigné par les Dragons qui ont un bon poste d’observation, tire sans interruption sur toutes les routes qui, du Nord, se dirigent vers l’Étoile et sont utilisées par l’ennemi pour amener des renforts.
    Toute la soirée, tir d’artillerie ennemie sur les nouvelles positions occupées.
  • Le 26 Mai, grande activité de l’aviation ennemie. Des mouvements de troupes ennemies sont signalés dans la soirée du 25 et le 26 au matin au nord de la Somme.
    Longpré et Le Quesnoy sont bombardés.
    Le Colonel de Villers prescrit : " Des reconnaissances seront envoyées sur la Somme pour vérifier si les ponts de Le Catelet, Condé-sur-Folie et ceux du chemin de fer sont ou non détruits et s’ils sont fortement occupés. »
    Le groupe de 75 est poussé au Nord de Le Quesnoy pour être en mesure d’appuyer des reconnaissances et de prendre sous son feu les voies d’accès vers la Somme.
    A gauche : A Le Catelet, une première patrouille de l’Escadron Beaumont (2e D.P.) s’engage sur la chaussée conduisant à la Somme. Elle est arrêtée par des tirs de mitrailleuses. Une deuxième patrouille dirigée par le M.d.L. Maillet avec le Brigadier Riantec et le dragon Le Goff, est envoyée ; l’ennemi la laisse avancer et ouvre le feu. Un homme est tué les autres doivent se jeter à l’eau et rentrer par les marécages. Il est impossible d’approcher des postes ennemis fortement installés et dont les tirs sont bien réglés. A plusieurs reprises, le village de Longpré est violemment bombardé.
    Au centre : De l’Escadron Van Aertselaer, plusieurs reconnaissances essaient, sans succès, de s’avancer en direction de l’Étoile. La chaussée est rectiligne, bordée de marécages ; des postes ennemis, bien à l’abri, avec des armes automatiques, empêchent toute infiltration. Il est pourtant remarqué que le pont est praticable à des piétons, puisque des patrouilles ennemies essaient, à leur tour, de reconnaître Condé-Folie.
    A droite : L’ennemi est solidement installé au Sud de la Somme sur les deux branches de la voie ferrée. Il prend sous son canon et sous ses armes automatiques les abords Sud de ce pont. Le Lt Rouzée du 3e R.A.M. renforcé par un peloton de l’Escadron Van Aertselaer, ne peut s’approcher du pont ni le reconnaître et s’établit sur les pentes Nord du plateau sans avoir de bonnes vues ; le pont ne semble pas détruit.
    Dans la soirée, des mouvements sont signalés sur le pont. Une concentration de feux est immédiatement déclenchée au Sud du pont par les mortiers du 2e D.P. et les armes automatiques, au Nord du pont par le groupe de 75.
  • Le 27 Mai, situation inchangée. Bombardements ennemis intermittents sur Longé notamment et sur Condé-Folie et les positions d’Artillerie.
    De nombreux mouvements de troupe sont remarqués au Nord de la Somme, de l’Ouest vers l’Est. Concentrations de troupes à l’Étoile et à Flixécourt.
    Tirs de harcèlements ininterrompus de notre groupe de 75 sur l’Étoile et Flixécourt et des mortiers de 81 du 2e D.P. sur la sortie Sud des ponts de chemin de fer.
    Dans la matinée, visite du Général Petiet au P.C. du Commandant Henriet.
    Le soir, vers 20 heures, le Chef d’Escadrons de La Hamelinaye, du 4e Hussards arrive avec l’E.M. de son groupe d’Escadrons au P.C. du Bataillon pour préparer la relève du ler Bataillon par son unité. Le Bataillon doit laisser sur place le réseau téléphonique installé par ses soins, les mines, les artifices et les cartes du secteur.
  • Le 28 Mai, l’Escadron Beaumont est relevé à Le Catelet par une unité de la Division Berniquet.
    Le Commandant Henriet prend à son compte toute la défense de la Somme, de Longpré (inclus, non compris le pont du Catelet) aux ponts de chemin de fer de Condé. Il porte deux pelotons de l’Escadron Beaumont devant les deux branches du chemin de fer à sa droite, qui est le point difficile de son secteur.
    Toute la journée, patrouilles le long du front, tentatives pour atteindre la Somme et tirs systématiques du 75 et des mortiers sur les voies d’accès au Nord de la Somme et sur les ponts du chemin de fer.
    L’Escadron Weygand passe en réserve de Division.
  • Le 29 Mai, situation inchangée. Mêmes tirs incessants sur Flixécourt et le pont de chemin de fer où des mouvements sont constamment remarqués.
  • Le 30 Mai, vers midi, les premiers éléments du 4e Hussards arrivent et, dans la nuit du 30 au 31, ils relèvent les éléments du Bataillon qui occupe les points d’appui de Longpré, le Catelet et Condé-Folie.
  • Le 31 Mai, avant le jour, les groupements de Beaumont et Van Aertselaer décrochent et se regroupent dans la région Warlus-l’Arbre-à-Mouches.
    Le reste du 4e Hussards arrive vers 15 heures et la relève a lieu vers 17 heures.


Les chars de la Panzer Division de Rommel traversent la Somme au pont Saint-Frères. Les rails et traverses sont remplacés par un plancher de madriers.


La photos au dessus, à été prise au matin du 05 juin 1940, ont y voit bien le larris montant vers la nationale entre Condé Folie et Hangest sur Somme, nous pouvons nous rendre compte de la puissance destructrice de l’armée allemande.


Colonne Allemande vers Condé-Folie

Peu avant la fin de la guerre, en juillet 1944, les Allemands battent en retraite et cette fois ce sont eux, dans le but d’enrayer l’avancée des troupes alliées, qui font sauter le pont Saint-Frères. Il avait pourtant échappé une seconde fois à la destruction, ayant résisté aux bombardements des Anglais, qui espéraient ainsi retarder cette retraite. Le principal pont du village ayant été détruit par le génie dès l’annonce de l’arrivée des allemands, ce sont les stelliens qui se retrouvèrent les premiers pénalisés, d’autant plus que l’ennemi était passé par le pont St-Frères ! Un petit pont en bois fut donc construit, à usage des piétons et charrettes, large mais peu résistant (afin de ne pouvoir être un lieu de passage pour les chars de l’armée ennemie). Son accès, un peu en aval du pont détruit, s’effectuait depuis un espace qui est aujourd’hui un jardin privé. Il fut utilisé jusqu’en 1950 et fut démoli après la construction du pont en béton actuel.


Merci a Mr Lancel, D’après une idée, un texte et des photographies de Jacky Hérouart.

++++ Reconstruction

La reconstruction des ponts à la libération.

Peu après la libération du 2 septembre 1944, il n’y avait plus aucun pont permettant le passage de véhicules lourds, encore moins de chars. Le pont principal, qui reliait L’Etoile à Condé-Folie, fait cruellement défaut ! Parmi nos libérateurs, ceux en provenance de Condé Folie sont ainsi bloqués sur la rive sud, la foule des Stelliens s’amasse sur la rive nord de l’ancien pont sans pouvoir toucher les soldats anglais. La reconstruction s’impose. Mais les matériaux arrivent à la gare S.N.C.F. de Longpré où ils sont bloqués, faute de pouvoir traverser la Somme ! Par ailleurs l’usine des Moulins Bleus avait été sérieusement endommagée par les bombardements et nécessitait d’importants travaux et remplacements de machines détériorées. On voit donc les Etablissement Saint Frères participer à l’effort de reconstruction de la France ! En attendant un pont définitif, il est décidé de construire un pont provisoire en bois, un peu en aval de l’ancien pont du village. Saint-Frères met donc à disposition du personnel pour aider les charpentiers professionnels. C’est sur une péniche que prendront provisoirement appui les madriers dans l’attente de la jonction entre les rives nord et sud. C’est également sur cette péniche que la traversée des matériaux s’effectuera et que prendront appui les nombreuses échelles. Les 7 personnes reconnues sur la photo, éditée en carte postale, sont tous des manouvriers (5) ou des manœuvres (2) de l’usine Saint Frères des Moulins Bleus (et les deux autres, non identifiées, venaient certainement des communes environnantes). C’était une équipe soudée, endurcie, accoutumée à réaliser des travaux pénibles. Ce pont provisoire durera toutefois jusqu’en 1949, année où fut inauguré le pont actuel, en béton.

A l’arrière : Tête nue : Charles PETRUZ ; Calot sur la tête : Robert RENOUARD ; Cache nez autour du cou : Georges DEMAREST ; Devant l’échelle : Charles DUPONT. Devant : Casquette sur la tête : Albert AVISSE ; Casquette et pull col roulé : Henri DORION ; Chapeau : non identifié ; Béret, main gauche à la ceinture : Adrien AVISSE (Père d’Albert) ; Casquette main gauche sur la rambarde : non identifié. Je me souviens, raconte Jacky Hérouart, avoir traversé a pied ce pont de bois entre L’Etoile et Condé Folie, à plusieurs reprises. J’avais quatre ou cinq ans et je n’étais absolument pas rassuré. Je tenais fermement la main de ma mère... les planches n’étaient pas parfaitement jointes et l’on apercevait la Somme quelques mètres plus bas... En outre le parapet (comme on peut le voir sur la photo) présentait d’énormes vides, trop importants pour mes yeux de gosse ! Je n’étais apaisé que lorsque j’étais arrivé à l’autre bout... Mais le soir il fallait le retraverser dans l’autre sens... Les poteaux du pont provisoire. En mars 2006, le cours de la Somme était particulièrement bas ; il fit réapparaître les piliers en bois de l’ancien pont, rive gauche (côté Condé Folie). Hérouart, 15 mars 2006].

C’est la même équipe de manouvriers que celle qui avait participé à la reconstruction du pont de L’Etoile qui aidera l’entreprise spécialisée affectée au remplacement du pont privé Saint Frères. Un drame se produisit. Suite à la rupture d’une des élingues tractant le nouveau pont de 28 mètres de long et d’un poids de 40 tonnes, Charles Dupont, un ouvrier de chez Saint Frères, se trouva sur la trajectoire de cette élingue qui termina sa course folle en heurtant violemment sa tempe. Charles décédera le lendemain, 26 mai 1945, âgé de 26 ans, en laissant une veuve éplorée et leur fille Charline, âgée d’un an seulement... Le 17 juillet 1949 est un grand jour, celui de l’inauguration du nouveau pont. Deux fillettes, âgées de 5 ans, Claude Seguin et Chantal Vasseur, tenaient le ruban tricolore à chaque bout (voir photo, pour l’une des deux fillettes). Max Lejeune coupe le ruban. A sa droite, le docteur Richard (avec des lunettes), maire de L’Etoile. (au dos : Octobre 1949)

Remerciements à J. Hérouart (Photos et texte), ainsi qu’à Christiane Vasseur qui a reconnu son père Albert et son grand père Adrien, Huguette Dupont pour son frère Charles et Charline Chamu-Pecquet pour son oncle Charles Pétruz (photo des ouvriers sur le pont).


Merci a Mr Lancel, D’après une idée, un texte et des photographies de Jacky Hérouart.



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