L’amour pi la Djérre

mercredi 20 mai 2020
par  Eric Adrien Bailly
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Traduction en Picard de la chanson de Charles Aznavour - L’amour Et La Guerre. Texte de Bernard Dimey.

L’amour pi la Djerre

A ti du sins innui ed vouloér foaire la djérre

Apreu tout ch’ qué j’ai vu, pi tout ch’ qué j’ ai apprins
A d’où qui s’sont lanchés chés héros d’ papieu d’ vérre

Apreu avoèr esmè la haine, pi la misère

Aussi dure fut la djérre, la vie a r’prins sin cours
Est gravè din no tétes pour el restant d’ nos jours

O n’oublirons jamoés toutes chés atrocitès

Queuchmare d’un éfant qu’ej wardrai tout’té m’vie

Point inne fleur qu’a s’ déssaque ed chés camps ravagès
Bleuets, pi mahons n’ sont point leu d’erfleurir
Achteur j’ai comprins tout ch’ qui no rest’ à foaire
Ene compteu point dsu mi si o r’quémincheu d’main

Ya tout ch’ qu’oz ont apprins din les doux ziux d’ chés fémmes
Ni cho térre, ni cho ieu, n’y canjrons jamoais rien

L’amour a li tout seul est bien pu fort qu’ech fu
Ech vint dévnu mawais n’ fra pu jamoais d’échu

Pour qué raison qu’ j’irouo offrir em jeunésse

Alors qu’éch bonheur, i l’est leu tout preu d’ mi

Ej sus leu pour t’aimer pi j’ veux t’aimé tout l’ temps

In méme temps qu’éch solé i s’ lève à l’horizon


Les paroles en Français

Pourquoi donc irais-je encore à la guerre

Après ce que j’ai vu, avec ce que je sais ?

Où sont-ils à présent les héros de naguère ?

Ils sont allés trop loin chercher la vérité
Quel que soit le printemps, les cigognes reviennent

Que de fois, le cœur gros, je les ai vues passer

Elles berçaient pour moi des rêveries anciennes

Illusions d’un enfant dont il n’est rien resté

Toutes les fleurs sont mortes aux fusils de nos pères

Bleuets, coquelicots, d’un jardin dévasté

J’ai compris maintenant ce qu’il me reste à faire

Ne comptez pas sur moi, si vous recommencez
Tout ce que l’on apprend dans le regard des femmes

Ni le feu, ni le fer n’y pourront jamais rien

Car l’amour - et lui seul - survit parmi les flammes

Je ferai ce qu’il faut pour défendre le mien
Pourquoi donc irais-je offrir ma jeunesse
Alors que le bonheur est peut-être à deux pas ?
Je suis là pour t’aimer, je veux t’aimer sans cesse
Afin que le soleil se lève sur nos pas

Origine de ce texte en Picard et en Français




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